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El blog de Proyecto áSILO

APPROCHE -RECHERCHE-

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Je m´appelle Alexia, j´ai 32 ans et je vis depuis près de 7 ans au Mexique. Depuis 10 ans, j´alimente une obsession pour le thème de la poubelle, ses problèmes et ses solutions. Au cours de mes études d´ethnologie, j´ai eu l´opportunité de participer à un échange d´un an à Madrid (Espagne), où j´ai effectué une recherche intitulée : la construction du statut social de l´objet. On pourrait dire que j´ai trouvé mon point de départ dans la rue. Comme la majorité de mes compagnons erasmus, je vivais dans un appartement semi meublé que j´ai complété avec des meubles et objets trouvés dans les rues madrilènes. Tous ces objets, parfois en parfait état, étaient victimes d´un cycle généralisé qui consiste à acheter, jeter, acheter et jeter encore et encore pourvu qu´on ait de l´argent.

post 1Le travail de terrain s´est organisé à partir du suivi de la trajectoire de ces objets considérés comme résidus. Très vite j´ai constaté que certains d´entre eux ; appareils électriques, informatiques, les livres ou encore les objets de décoration, trouvaient une nouvelle vie en fonction des personnes qui les récupéraient. Des dizaines de clandestin originaires d´Afrique du nord, revendaient «  la crème de la poubelle » sur un marché informel situé à quelques rues du séculaire marché d´antiquité du Rastro. Des familles de gitans qui récupéraient les appareils électriques et les objets anciens, en passant par les collectionneurs natifs qui préféraient la poubelle des quartiers riches, jusqu´aux passants attirés par quelques livres ou par des jeux amoncelés sur une pile de meubles au coin des rues, les soirs de collecte officielle d´encombrants, tous absolument tous, avaient bien en tête le fameux dicton : de l´or dans nos poubelles.
Ahmed, un marocain sans papier de 40 ans était l´un d´entre eux. Grâce à lui j´ai pu observer un processus de double valorisation au cours duquel Ahmed se reconvertir en vendeur et manipuler un objet trouvé quelques jours auparavant dans une rue de la zone, à son tour convertis en marchandise et mis en exhibition sur un tissu à même le sol, dans une rue jouxtant le marché dominical du Rastro. J´ai vu dans ce processus comment deux images négatives : clandestin et résidu, s´unissaient pour acquérir un statut plus positif, bien que temporaire, mais sans nul doute plus digne que l´étiquette de résidu social et matériel qu´on leur collait en dehors du contexte mercantile. L´étude s´est interrompue cette même année 2003 mais mon intérêt pour la problématique des résidus et leur potentiel social et créatif n´a jamais cessé de grandir. Ce chapitre a été déterminant dans ma vie, il m´a ouvert les yeux sur le système absurde incapable de mettre à profit, d´assimiler et de transformer les déchets qu´il produit. Depuis ce jour j´ai su que je voulais et que j´allais faire quelque chose à ce sujet et 10 ans plus tard, se présente l´opportunité de participer à un projet baptisé Mexiclarte, qui prétend diffuser des alternatives et sensibiliser le public sur la nécessité de redéfinir le concept de poubelle.

Pour la nature, les résidus sont des nutriments qui assurent sa régénération…rien ne se perd, tout se transforme. Pour la civilisation moderne industrialisée, caractérisée para la société de consommation, les résidus ne sont pas valorisés ni par les gens, ni par le système. Le meilleur exemple de recyclage nous est donné par la nature au travers de tous ces cycles qui permettent une  totale mise à profit du plus petit reste organique que celle-ci produit. Le fait de jeter est complètement naturel, mais le problème survient lorsque ce que nous produisons, consommons et jetons ne peut être absorbé para la terre et surtout lorsque leur accumulation et l´absence de traitement efficace, mettent en danger la préservation de l´environnement et donc de notre qualité de vie. Me rendre compte de cette situation m´a amenée à réfléchir à différente façons de résoudre cette question des résidus dans ma vie de tous les jours : opter pour des produits biodégradables et chercher le moyen de revaloriser mes déchets. En cherchant des informations sur les activités en lien avec le thème de la valorisation des déchets, je me suis rendu compte que le recyclage ne touchait pas seulement le secteur industriel mais qu´il était également utilisé par de nombreuses disciplines comme l´art, l´architecture ou encore l´éducation. Depuis l´Espagne à la Chine en passant par le Brésil et bien sûr par México, des milliers de personnes dans le monde explorent le potentiel des résidus, et nous démontrent que tout est réutilisable. C´est ainsi que m´ait venue l´idée d´étudier le thème du recyclage créatif au Mexique et après plusieurs mois de recherche, les bases du projet Mexiclarte étaient lancées.
Parmi les personnes et groupes de personnes que le projet nous a amené à rencontrer, se trouve le collectif Modopactua (Double motif pour penser et agir), constitué par Yareth, Gabriela, Claudia, Nayeli, Yupanqui y Karla, qui ont su conjuguer leur compétences et motivation pour créer un vrai laboratoire. Les habits usés leur servent de prétexte pour expérimenter, partager, apprendre, enseigner et créer de nouveaux habits mais aussi la matière première pour fabriquer des tapis et des accessoires originaux de qualité. En octobre 2012, les 6 filles de Modopactua ont proposé le premier atelier d´expérimentation  textile et développement durable qui a réunis, au cours de 6 séances, un groupe de jeunes filles intéressées par le thème et par la possibilité d´apprendre des techniques pour réutiliser les habits plutôt que de les jeter. L´atelier de Modoactua, situé dans une ancienne fabrique de masques de l´emblématique quartier de la Merced en plein centre historique de la ville de México, partage l´espace baptisé atea (Art/Atelier-Studio/Architecture) avec le collectif Somosmexas, également engagé dans le développement social et culturel local au travers d´actions qui incluent entre autres des thématiques architecturales et artistiques.C´est à travers Hector Miguel López Pérez, membre de Somosmexas et mexicain de formation que j´ai pris connaissance de l´atelier: DÉCONSTRUCTION + REUTILISATIÓN = NØ RÉSIDUS  organisé à Castuera (Espagne) en août 2012 et en juillet 2013 à Chihuahua (Mexique). Comme l´indique l´intitulé de l´atelier, l´objectif recherché était la déconstruction d´un espace et la mise à profit à travers la réutilisation des matériaux pour atteindre le résultat de 0 résidus. Hector m´a fournis le contact de José Milara, co-fondateur de l´association Projet áSILO, qui à développé la proposition de l´atelier et c´est ainsi que j´ai pris contact avec lui et que j´ai pu en savoir plus au sujet des activités de l´association, qui partage de nombreux intérêts avec le projet Mexiclarte ;développer des actions de sensibilisation et mettre en place des projets qui favorisent le développement durable, travailler en réseau en associant des compétences dans différentes disciplines et établir les bases d´un développement durable local qui favorise la participation active de la population. La création d´une plateforme qui permette d´une part le renforcement d´un réseau de personnes et de professionnels qui explorent le potentiel créatifs des résidus/déchets, et d´autre part l´offre de service et d´activités pour différents publics afin de sensibiliser et de transmettre des savoirs et des techniques qui favorisent une consommation plus responsable et la valorisation de nos déchets sont les objectifs à long terme de Mexiclarte.Après avoir établis le contact par facebook puis par skype avec José, nous avons eu l´opportunité de nous rencontrer en personne à México où atterrissait son avion et avant qu´il ne reparte pour la Bolivie.

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